Gina Proenza présente sa conférence « Every Entrance is an Exit ».

Je suis née en 1994, la même année que le mouvement d’insurrection zapatiste. Drôle d’anecdote car lorsque j’étais enfant, mon vêtement préféré était un tee-shirt noir avec une grande étoile rouge sur la poitrine. Sur l’étoile, il y avait 4 lettres –EZLN–, dont je n’avais pas du tout conscience de la signification. Ces quatre lettres, c’était celle de l’Ejército Zapatista de Liberación Nacional. Je crois que c’est Pablo qui me l’avait offert. Pablo, c’est un ami de mes parents qui a fait parti d’une guérilla colombienne. Pablo me demandait parfois “ Et toi, quand est-ce que tu vas prendre les armes pour défendre tes idées?”
Généralement, je ne savais pas du tout quoi répondre. Je ne savais pas très bien quelles étaient mes idées ni ce que j’avais à défendre. En commençant des études d’art, j’ai cru que devenir artiste était une façon de prendre des armes discursives et formelles pour raconter des histoires ou les re-raconter autrement ; des armes comme des outils afin de s’engager dans la construction d’imaginaires qui cherchent à résister aux courants dominants.

Gina Proenza vit et travaille à Lausanne. Dans son travail, elle souhaite interroger les rapports de pouvoir liés au langage et à l’oralité. Gargouilles qui tirent une langue motorisée, enseignes lumineuses transformées en partitions et onomatopées ou bancs à bascule qui font dialoguer les corps entre elleux : les langues, qu’elles soient orales, écrites, allégoriques ou anatomiques, sont au cœur de sa pratique. Se déployant à partir de ses héritages colombien et français et de ses deux langues maternelles –indissociables de l’histoire coloniale–, sa pratique prend position au travers de sculptures, d’installations, de pièces sonores et de vidéos.
Parallèlement à son travail d’atelier, Gina Proenza est activement engagée dans les scènes artistiques indépendantes : elle fait partie de la nouvelle équipe de la Salle de bains, ainsi que de l’équipe de programmation de Tunnel Tunnel à Lausanne. De 2020 à 2023, elle a été co-directrice de Forde à Genève et a également cofondé l’artist-run-space Pazioli à Lausanne (2015–2017).
Elle enseigne les cours de Sculptures/Expositions à l’ECAL, ainsi qu’un séminaire d’Écritures avec Federico Nicolao et fait partie de l’équipe du projet de recherche PARASONIC, Pratiques aurales fugitives depuis 2025.
Son travail a été exposé à l’Istituto Svizzero (Rome, 2026), à la Salle de bain à Lyon (Every Exit is an Entrance, 2025), à Treignac Projet (Rêve générale, 2025), au Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (Toi et ta bande, 2024), à la KunstHalle de Saint-Gall (Moving Jealousy, 2023), à PS120 (Berlin, 2018), au CAN Neuchâtel (Agarra-diablo, 2020) ou encore au Centre culturel suisse de Paris (2018).





