The English site is not finished. Would you like to visit in your own language ? X
Exposition

Mirages

Du 19 juin 2015 au 27 mars 2016
Vernissage le 18 juin à 18h30

3 MATÉRIAUX, 12 DESIGNERS / ARTISTES / ARCHITECTES

MIRAGES, une proposition de F93 autour de 3 matériaux

Proposé par F93, Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Seine-Saint-Denis reconnu pour l'originalité de ses propositions, notamment ses démarches en direction des scolaires, l'exposition MIRAGES se veut davantage un discours sur l'inattention dont on fait preuve vis-à-vis des matériaux. C'est l'infinie variété de ce que l'on appelle les matériaux et plus encore l'impact de leurs évolutions sur notre quotidien qui a retenu ici l'attention. En ce sens, MIRAGES est un projet pour montrer combien les matériaux et les innovations dont ils font l'objet participent de façon déterminante à la construction de notre avenir. Le projet « Mirages » est né d'une commande auprès d'artistes, de designers et d'architectes qui ont conduit à la production de 12 pièces sur les matériaux et expression des matériaux (polymère, acier, céramique).

Descriptif des 12 Oeuvres

© Antoine Dumont
Oeuvre

D117, 2013 BLOCK ARCHITECTES

Elastomères hydrocarbonés, structure en résine
Ø 560 cm x 280 cm


Le projet consiste en la réalisation d'un dôme en bio polymère. Biodégradable, le dôme noir mat fait 2.8 m de rayon. Il est autoportant et réalisé à partir de 14 modules différents qui ne sont pas plans, mais possèdent une double courbure leur assurant ainsi une certaine rigidité avec un minimum de matière. La matière est ainsi concentrée en périphérie, les bords épais servant à la fixation des modules entre eux. La partie centrale, fine, est sujette à une oxydation entraînant la dégradation du bio polymère, un caoutchouc nature.
© Antoine Dumont
Oeuvre

CLOCHE, 2013 PIERRE CHARPIN

Bronze composé de 10% d'étain et 90% de cuivre, socle en métal Ø 130 cm x 160 cm

« Dans le contexte de ce projet pour F93 la demande est très ouverte. N'est spécifié que le matériau à
utiliser : le métal. Le métal, c'est vaste. Je tâtonne, j'hésite quant à la direction à prendre. Je veux que ce projet soit l'occasion d'une nouvelle expérience. Surgit alors la dimension sonore du matériau, pour devenir l'évidence à travailler. Le métal, ça sonne. J'associe immédiatement cette dimension du son à l'objet cloche que j'identifie davantage comme un objet sonore plutôt que comme un instrument de musique. Une présence qui marque le temps, rythme la vie civile ou religieuse, célèbre les mariés et accompagne les morts.
La cloche sera frappée de l'extérieur comme toutes celles que j'ai admirées dans les multiples temples de Kyoto, où la cloche est un objet autonome, un petit édifice à part entière. La fonte est la technique retenue pour sa réalisation. Je veux un objet brillant, une présence réfléchissante. Voyage dans le monde très fermé des fabricants de cloches encore existant en France.
La Normandie, un faubourg d'Orléans et puis Strasbourg. C'est là qu'elle sera coulée.
Quant au son, c'est tout au long du projet la plus totale incertitude jusqu'à ce qu'elle soit enfin frappée.
Elle sonne ! Sa forme atypique ne procurait aucune certitude quant à sa capacité sonore. À y repenser, c'est presque comme rejouer, sans la dramaturgie, les scènes du film « Andrei Roublev »
de Tarkowski où l'enfant Boriska, fils d'un fondeur de cloches, survivant d'un village décimé par la peste, se retrouve à diriger les opérations de fabrication d'une cloche, sous les regards menaçants des religieux, avec comme seule connaissance, la très vague mémoire de ce qu'il a vu de son processus de fabrication. La tension se dissipe lorsque la cloche est enfin démoulée, placée sur son support et qu'elle sonne.
Elle peut prendre place dans son clocher, c'est la victoire sur les Tartares. Boriska peut maintenant avouer que son maudit père ne lui avait rien transmis de son savoir et qu'il a dû tout réinventer sous peine d'être décapité. Il peut enfin s'endormir et retourner à ses doux rêves d'enfant alors qu'Andrei Roublev, rompant son voeu de silence, s'est remis à parler.
© Antoine Dumont
Oeuvre

CLÔTURE, 2013 ERIC JOURDAN

Fibre de lin, résine époxy pré-imprégnée, cuisson
autoclave 120 C° 420 x 420 x 110 cm


« Barrière, clôture, voici un objet bien ambigu. Doit-il être une muraille pour nous protéger de je ne sais
quoi, ou délimiter la propriété, son petit espace de vie ?
En fait, rien de tout cela. Juste une ligne qui se promène dans un paysage (un peu le mur d'Hadrien
qui traverse l'Angleterre) et ce paysage pourra être regardé différemment selon le côté où l'on se place.
Être d'un côté ou de l'autre mais au même endroit, assez drôle en fait. Et cette matière qui laisse voir
une construction, une matière polymère qui n'a rien à faire dans un jardin ou un champ... »
© Antoine Dumont
Oeuvre

SÄVELMÄN HURMATA, 2013 STÉPHANE SAUTOUR

Stratification de 3mm de fibre de verre avec résine époxy, nappe de carbone pré-imprégnée, cuisson four à 120 C°, amplificateur, analyseur de fréquences, capteur Piezo. 2 sphères Ø 130 cm

Sävelmän Hurmata réemploie le principe du résonateur d'Helmholtz inventé à la fin du XIXe siècle, pour l'étude des sons complexes. La coque en carbone réalisée pour former les résonateurs est un matériau aux qualités vibratoires reconnues. Chaque résonateur est équipé d'un vibrateur lui-même branché sur un amplificateur. Celui-ci est raccordé à un analyseur de fréquences puis à un capteur Piezo qui capte en continu le champ magnétique émis par le flux électrique qui lui sert à alimenter et faire fonctionner le dispositif. Il s'agit d'une machine abstraite, porteuse de sa logique propre et ne se souciant d'aucune finalité générale. Elle donne à entendre le son intime produit par son simple fonctionnement. Son activité vibratoire construit un mode de relations par contact ; elle ne propose ni formes ni sujets, mais se peuple de forces et de flux, constituant un espace fluide, mouvant, sans empreinte qui ne soit éphémère. Sävelmän Hurmata n'est pas une machine célibataire, bien au contraire, elle est toujours connectée, en résonance
avec son milieu ambiant (architecture), et les acteurs qui viennent peupler ce milieu.
© Antoine Dumont
Oeuvre

PETIT CHEMIN PLANTAIRE, 2010 FLORENCE DOLÉAC

Porcelaine extra-blanche émaillée, bois, acier 384 x 80 x 98 cm

Florence Doléac a mis à profit le projet MIRAGES pour donner vie et matière à une idée de revêtement de sol de stimulation plantaire qu'elle portait en elle depuis des années. L'oeuvre présentée invite le visiteur à une déambulation expérimentale. Déchaussé et les yeux fermés, il s'engage
sur une passerelle munie de deux lisses qui guident son cheminement. Au sol, des carreaux de céramique blanche de 15 cm de section présentant à leur surface un motif en relief, sorte de vocabulaire tactile inspiré de l'écriture braille. La stimulation naît du nombre de picots en contact avec
la peau et varie selon la taille, la corpulence et l'humeur de l'utilisateur. Ce dispositif s'adresse ainsi à une intelligence encore sous- estimée, celle du corps. Les pieds, à l'instar des doigts de l'aveugle, déchiffrent tout naturellement les signaux transmis par le sol et en conséquence adaptent démarche et posture, en vue d'obtenir et/ou de prolonger la sensation qui leur convient le mieux. Ce revêtement
sensoriel présente un autre avantage non négligeable, il est anti-dérapant !
© Antoine Dumont
Oeuvre

FILTRE À EAU, 2010 FRÉDÉRIC PRADEAU

Céramique technique poreuse, tuyaux plastiques, matériaux divers 3 sphères Ø 62 cm

Frédéric Pradeau s'est évertué, grâce aux capacités rares et infinies des céramiques, à rechercher une sorte d'utopie portative et accessible à tous. Il revisite ainsi le canari, cette grande jarre qui sert à stocker l'eau douce en Afrique subsaharienne, et imagine un dispositif immergé en mer qui servirait à filtrer l'eau salée pour la rendre douce. Pour concrétiser ce projet, Gérard Borde, directeur technique du CRAFT (Limoges), a dû mettre au point une céramique nouvelle aux propriétés bien particulières puisqu'elle doit être poreuse mais en même temps pouvoir résister à des pressions importantes, c'est-à-dire allier deux propriétés à priori antinomiques. La pièce se compose de 3 sphères en céramique d'un diamètre de 62 cm. Chaque sphère est équipée d'une trappe qui la relie à une cinquantaine de mètres de tuyaux souples qui servent à pomper, depuis la surface, l'eau douce qui y est stockée.
Didier Faustino © ADAGP
Courtesy de l’artiste et de la Galerie Michel Rein, Paris / Brussels
Oeuvre

THE NAKED LUNCH, 2010 DIDIER FIÙZA FAUSTINO

Porcelaine extra-blanche émaillée 30 x 15,5 x 20 cm

The naked lunch est un projet qui propose d'infiltrer dans l'espace domestique des objets à l'ergonomie trouble. Par leur fonction indéterminée et leur aspect sculptural, ces objets abolissent la distinction entre sphère publique et privée en réunissant les valeurs d'usage et de contemplation. Didier Faustino s'est imaginé comme un nomade sans cesse secondé dans ses périples par de nombreux assistants techniques lui permettant, quelles que soient les circonstances,
de recréer son univers intime et habitable. La pièce est de taille modeste et d'aspect fragile mais très dure au touché ; sa forme rappelle
un os.
© Antoine Dumont
Oeuvre

BURN OUT, 2010 VINCENT KOHLER

Céramique réfractaire Dimensions variables

Pour cette première confrontation avec la céramique, deux idées sont venues nourrir la réflexion de Vincent Kohler. La première provient du « polymathe », individu disposant d'une connaissance variée et approfondie d'un grand nombre de sujets, et la seconde d'un type de four à céramique mis au point
en Chine dès le XVIIe siècle avant JC, le four dragon. La combinaison de ces sources d'inspiration amène alors Vincent Kohler à un concept un peu fou d'auto-génération. Son projet sera tout à la fois une sculpture mais aussi un four. Le buste et la tête de cette créature mythique abriteront ainsi le foyer, le four et la cheminée. Pour concrétiser ce projet, le CRAFT participe à la mise au point d'une céramique particulière qui acceptera les contraintes que le projet imprime au matériau, repoussant ses propriétés traditionnelles. Cette céramique devra supporter des écarts de température très importants entre l'intérieur et l'extérieur de la sculpture.
© Antoine Dumont
Oeuvre

SANS TITRE, INGIRUMIMUSNOCTEETCONSUMIMURIGNI, 2010 BRUNO PEINADO

Briques en grès chamottés polychromes, restionaceae, terre
174 x 159 x 67 cm


À partir des propriétés intrigantes de plantes qui poussent dans l'hémisphère sud, Bruno Peinado a imaginé un rapprochement entre l'inerte et le vivant. En effet, les restionaceae sont des plantes pyrophiles qui ont intégré le feu dans leur processus de croissance. La cuisson censée figer et arrêter un processus est ici le point de départ d'une histoire. La proposition est une composition de modules en terre cuite qui hybrident les briques de type Lego à cette notion de brique élémentaire liée à l'apparition de la vie sur terre. La mise au point de ce module a nécessité là aussi de concevoir une céramique spécifique, poreuse, qui soit à la fois le contenant et le contenu puisque les briques intègrent dans leur structure les graines et éléments nutritifs nécessaires à leur croissance.
© Antoine Dumont
Oeuvre

NACHINSEL, 2013 NICOLAS MOULIN

Métal 450 x 450 x 260 cm

Ce projet, réalisé en partenariat avec l'entreprise Sitex qui fabrique ces volets anti squat, est basé sur l'observation de l'architecture. Il active des volumes qui intègrent en leur sein leur propre obsolescence. Les volets, détournés, deviennent un véritable matériau de construction et non plus d'obstruction. Cette architecture est conçue en référence à des espaces tels que les éléphants blancs, ces bâtiments abandonnés issus de projets pharaoniques jamais finis, dont la structure demeure le seul débris de cette architecture à crise. S'y rajoute l'idée d'une architecture informelle qui se greffe au milieu urbain sans être planifiée, telle que la cabane, la caravane... Nachinsel n'est pas uniquement un espace sculptural, il est aussi potentiellement utilisable, même s'il intègre en lui une distopie (ou contre-utopie - un récit de fiction peignant une société imaginaire, organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur). C'est une manière de revisiter un cabanon à la Le Corbusier pour un monde terrible.
© Antoine Dumont
Oeuvre

NAPHTA CRACKER, 2012 ATELIER VAN LIESHOUT

Métal, bois, caoutchouc, carton 550 x 370 x 480 cm

« L'exposition était sur les polymères, donc ma première idée a été de faire une sculpture en polymères, ce que j'ai fait toute ma vie. Puis j'ai pensé que cela devait être beaucoup plus intéressant de fabriquer les polymères, de faire du plastique moi-même avec un équipement très simple. D'une certaine manière, je réinventais la révolution industrielle : penser les machines et les usines, réfléchir à comment produire de l'acier, des produits chimiques, des tissus etc. Cette démarche m'intéressait car j'ai l'impression qu'aujourd'hui l'industrie est quelque chose que nous n'aimons plus, parce qu'elle
est synonyme de travail, de pollution, de laideur. Les usines sont vendues, délocalisées, elles sont éloignées et ne font plus partie de notre paysage. Nous cachons ce que nous ne voulons pas voir. Or je crois que les usines jouent un rôle important dans nos vies, déterminent ce que nous sommes, ce que nous consommons. C'est en quelque sorte en écho au mouvement Arts & Crafts, il y a plus de 100 ans, qui luttait contre l'industrie pour défendre le travail manuel, l'artisanat. Aujourd'hui nous sommes quelques étapes plus loin et je lutte comme eux pour maintenir l'industrie dans notre société.
C'est pour cela que j'ai fait une machine très compliquée et dangereuse qui, si on la mettait en marche, exploserait certainement ! Je veux souligner par là que nous ne pouvons pas prendre les matériaux pour acquis et les utiliser sans y faire attention. Si l'on connaissait mieux le processus, l'énergie nécessaire et les risques pris pour fabriquer du plastique, avec une machine comme celle-là par exemple, nous ferions plus attention aux matériaux ».
© Pierre-Laurent Cassière
Oeuvre

Distorsions, 2013 Pierre-Laurent Cassière

Acier inoxydable pelliculé titane, chêne, moteurs, microcontrôleurs 380 x 150 x 250 cm

Suspendus à des potences en bois massif, trois miroirs sombres déforment, au gré de leurs oscillations, l'image du lieu et des corps s'y reflétant. Au croisement de la sculpture cinétique, de l'installation sonore et du cinéma expérimental, les feuilles d'acier adoptent différents états vibratoires entre l'ondulation douce, presque liquide, et les spasmes bruyants qui fragmentent, floutent et démultiplient les reflets.
Influencé par l'histoire des instruments de bruitage, et notamment des lames de tonnerre, par la poétique des miroirs noirs ou les jeux optiques des palais des glaces, ce travail propose une expérience contemplative, visuelle et auditive, où les phénomènes vibratoires sont produits en direct par la seule déformation du matériau.