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RechercheSmart water. Pour de nouveaux services de l’eau en réseau2014-2016 / Suez - Lyonnaise des eaux

Amorce

Si depuis deux décennies, le socle technique du smart water est efficient, la place de l'usager (à prendre dans son sens large, autant le professionnel que le consommateur) en est à ses balbutiements. Pourtant, dans la littérature sur le smart water, l'usager est présenté comme décisif - et même le pivot du système - dont l'action déterminera ou non le succès du dispositif. La conviction du smart water est qu'en rendant visibles et comparables des informations, des comportements, les usagers agiront dans le sens de la rationalisation de l'action individuelle et collective. Or, rien n'est moins sûr. Du point de vue de l'industrie de l'eau, le dispositif se propose d'organiser la gestion et l'information en temps réel ou en continu de la fourniture d'eau, les infrastructures, les services de maintenance, la maîtrise de la demande, la gestion en temps réel des réseaux, l'efficacité domestique et tertiaire, la qualité de l'eau, de l'environnement, etc. Mais qu'attendent les usagers d'un tel dispositif ? Quelles informations ? Pour quels usages individuels et collectifs ? Quels services ? Sous quelles modalités ? Avec quel type d'interface ou de support ?

Contexte et postulat

Le qualificatif « smart » est convoqué pour signaler des fonctionnalités nouvelles issues des TIC adossées à un réseau destinées à un usager amateur ou professionnel qui donne vie au dispositif. Ainsi le réseau est dit « intelligent » pour sa capacité à communiquer et à traiter simultanément de multiples données de production, de consommation, de climat, de maintenance, etc. Il est capable d'intégrer, en temps réel, les actions de l'ensemble des producteurs et consommateurs afin de permettre un ajustement optimum entre production et consommation et de garantir un approvisionnement durable, sûr et à moindre coût. Le projet de smart water renouvelle la conception des réseaux de distribution d'eau : le modèle centralisé doit laisser place à un modèle systémique seul capable d'affronter les multiples défis que doit relever l'industrie de l'eau : changement climatique, extension urbaine, technicisation de l'espace habité, raréfaction des ressources, santé publique, attention collective à l'information, etc. Il s'agit de faire communiquer entre eux des techniques, des éléments fonctionnels, des usines, des entreprises, des salariés, des consommateurs, des pouvoirs publics. Il résulte de cet ensemble équipé de capteurs, de vannes, de connecteurs, d'interfaces, etc., un schéma d'interconnexion généralisée qui permet d'échanger des données entre de multiples agents techniques ou sociaux pour connaître, contrôler, gérer le réseau d'eau en vue de détecter et localiser les pannes, effectuer des opérations de maintenance, de relève et de conduite à distance, informer en temps réel les consommateurs, etc. Les possibilités qu'offre la convergence des TIC et du réseau physique de l'eau bouleverse la chaîne de valeur, entre monde des télécommunications, technologies de l'information, qualité, production, distribution et services de l'eau. Le smart water concerne autant les compteurs intelligents que les capteurs (qualité, pression, température, niveau, H2S, consommation énergétique) dans les réseaux (eau et assainissement) que les capteurs dans l'environnement.

C'est donc l'émergence d'une masse de données « qu'il est nécessaire de rendre intelligible pour l'utilisateur qu'il soit consommateur final dans son logement avec ou sans compteur, qu'il soit citoyen dans la ville, qu'il soit opérateur de réseau (détection, consigne d'exploitation) ou qu'il soit bénéficiaire de la qualité du milieu naturel (pêche, eaux récréatives, institutions garantes de l'eau ONEMA, police de l'eau, etc.) »[1]. Cette intelligibilité ouvrira sur des nouveaux services de l'eau (2).
[1] Anne-Valérie Goulard dans le cadre d'une séance de travail, Cité du design, 8 novembre 2013.

Phases de la recherche

  • État de l'art Design et Eau (en cours)
  • Enquête Documenter le flux d'information dans le smart water
  • Analyse
  • Labo de conception

Équipe de recherche

Olivier Peyricot, directeur de la recherche, Cité du design
Émilie Chabert, coordination de la recherche, Cité du design
Isabelle Daëron, designer, chercheur-associé
Claire Lemarchand, designer (suivi de recherche), Cité du design
Blandine Favier, architecte (suivi de la recherche), Cité du design
Equipe en cours de recrutement

Partenaire

Lyonnaise des eaux