The English site is not finished. Would you like to visit in your own language ? X
Retour à la liste
RechercheAllumer la ville2015-2017 / Philips Lighting, ARNU, Saint-Étienne Métropole

Amorce

Le Pôle recherche et expérimentation de la Cité du design a engagé, en partenariat avec Philips Lightning et Saint-Étienne Métropole, une réflexion qui questionne la place de la lumière en ville, son rôle et ses potentialités d'innovation et qui anticipe les usages et les nouveaux services de l'éclairage urbain. ALLUMER LA VILLE, programme de recherche et d'expérimentation porté par le pôle recherche de la Cité du design et la R&D de Philips a développé un programme de recherche pour cerner les multiples enjeux - politique, social, technique et économique - de la mise en lumière de l'espace urbain en prenant appui sur l'expérience et les besoins de quatre figures d'usagers : le politique, le citoyen, le technicien et le professionnel.
L'objectif de ce programme était triple :
- donner à vivre au stéphanois une expérience de recherche participative visible dans l'espace public en les impliquant dans le processus créatif.
- Développer un cahier des charges des usages et du design de la lumière pour la métropole stéphanoise.

Produire un corpus théorique de référence en matière de recherche et de design.

Contexte et postulat

Initialement réservé à assurer la sécurité des individus, l'éclairage urbain s'est progressivement enrichi de nouvelles fonctions dans le contexte de la valorisation du patrimoine et plus globalement de la rénovation et de la revitalisation de territoires : mise en valeur des centres historiques, lieux culturels, noyaux touristiques et commerciaux, quartiers périurbains, évènementiel, etc. À la fois matériau d'aménagement et mobilier urbain, la lumière est aujourd'hui un élément clé des politiques d'urbanisme en France et à l'étranger. Elle modèle le cadre de vie et, en ce sens, participe aux transformations urbaines et sociétales à l'oeuvre. Par ailleurs, les exigences écologiques couplées aux innovations techniques - ampoule basse consommation, énergie solaire, technologie OLED, smart grids, LIFI - exemplaires de la transformation en cours, conditionnent un nouveau traitement des solutions d'éclairage. De multiples évolutions sont donc à venir qui obligent le designer, le technicien mais aussi l'aménageur et le politique, sans oublier le citoyen, à repenser la place, le statut et les fonctions de la lumière dans le contexte urbain. Ce sont ces mutations que le Pôle recherche, par son expertise en matière de design, de direction artistique, de pilotage de projet expérimental, d'encadrement et de pilotage de programmes de recherche, a cherché à explorer, accompagner voire anticiper pour contribuer à redéfinir l'aménagement du cadre de vie stéphanois.
Innover par les usages

ALLUMER LA VILLE est un programme de recherche en design qui interroge les usages de l'éclairage urbain au-delà des deux grandes problématiques qui contraignent l'aménagement des villes - éclairage fonctionnel au service de la sécurité des individus et éclairage évènementiel qui construit l'identité nocturne de la cité - et plus loin, au-delà de l'aménagement bâti, en prenant appui sur le territoire stéphanois. Aujourd'hui, la lumière ne se conçoit plus comme un simple système d'éclairage mais se travaille comme une matière. Une matière qui se manipule pour répondre à des réflexions plus globales qui allient problématiques urbaines, besoin des usagers et enjeux de territoire. Ainsi, comment la lumière peut-elle redynamiser un centre-ville ? Cette même lumière peut-elle refléter l'usage d'un lieu ? Peut-elle influer sur l'identité d'une rue, d'un quartier ? À l'heure de la multiplication des objets connectés, quelle interactivité proposer aux usagers ? Jusqu'où la lumière peut-elle être manipulable ? Mais encore, comment les modèles techniciens de smart cities impactent-ils la conception lumineuse de la ville (qualité, contrôle, gestion, software ?) Pour quelle efficacité énergétique ? L'objectif de ce programme est d'anticiper les nouveaux usages et services de l'éclairage en ville en observant et en impliquant quatre figures d'usagers (le politique, le technicien de la ville, le citoyen et le professionnel) dans le processus de redéfinition d'un cadre de vie commun. Comment appréhendent-ils chacun cette question de la lumière ? Au-delà des contraintes techniques et normatives, quels nouveaux besoins émergent du point de vue de ces quatre figures ? Comment concilier les aspirations de chacun ?

En résumé, trois grandes problématiques structurent le programme ALLUMER LA VILLE :

- Les enjeux de la lumière dans l'espace public au service de la construction d'identités.
- Le rapport aux usagers, de la pratique quotidienne aux interactions citoyennes.
- Les usages techniciens de la lumière : du service minimum aux nouvelles technologies.

Design, territoire et usagers

En 2010, Saint-Étienne Métropole est la première collectivité française à intégrer une fonction design management dans la conception et le déploiement de ses politiques publiques. Avec la ville de Saint-Étienne, membre du réseau UNESCO villes créatives et la Cité du design, l'agglomération se positionne comme la référence en Europe en termes d'innovation par les usages. Pour chaque programme, qu'il concerne l'espace public, les services et équipements collectifs, l'espace urbain, le transport, l'habitat, l'éducation, l'accessibilité, le tourisme ou encore la culture, l'objectif est de mettre en place une méthode de conception collective et participative qui répond au plus près des besoins des usagers et des enjeux de la commande. Les acteurs impliqués sont nombreux et travaillent de concert à l'aboutissement des projets : collectivités locales et régionales, établissement public d'aménagement (EPASE), architectes, urbanistes, designers, associations socio-culturelles, habitants de quartier, entreprises d'insertion, etc.
Dans ce paysage singulier, la Cité du design accompagne le développement de son territoire, dans une démarche d'innovation par le design qui place l'usager au coeur de la réflexion. Considéré comme un expert de son environnement, celui-ci a une place centrale dans la programmation et l'aménagement du cadre de vie stéphanois. Dans cette perspective, la Cité du design mène des programmes de recherche et d'expérimentation avec l'ambition de produire de la connaissance et d'innover dans le champ des usages, en expérimentant sur le terrain - il s'agit là de proposer une démarche innovante où l'expérimentation n'est pas vécue comme l'espace de test d'une solution mais le lieu-même de l'élaboration de la solution - et en provoquant des expériences coopératives inédites qui puissent ensuite être analysées, confirmées ou modifiées et in fine reproduites.
Le programme ALLUMER LA VILLE bénéficiera de cet écosystème fertile d'innovation et de création qui associe, sur le terrain, l'expertise des acteurs publics, privés, associatif et des habitants. Il prendra appui sur plusieurs sites pilotes sur lesquels seront menées des observations et expérimentations, et ce, dans différentes typologies de rues - piétonne, noeud urbain, etc. - ou de quartiers - créatif, piéton, en requalification, fragile, etc. Il s'agit de recueillir une analyse fine des usages (politique, expert, citoyen, professionnel) et pratiques à l'oeuvre dans l'objectif de produire des réponses formelles innovantes. Aux termes des deux années de recherche et d'expérimentation, le projet a donné lieu à la réalisation de prescriptions plus larges en vue d'un déploiement sur l'ensemble du territoire des solutions retenues (cahier des charges lumière VSE-SEM). La Biennale internationale design Saint-Étienne 2017 sera l'occasion de valoriser les résultats du programme.

Étapes de la recherche

Deux voies méthodologiques ont été développées pour mener à bien le programme ALLUMER LA VILLE :

- par la voie de l'étude théorique des usages. Il s'agit d'interroger d'une part les quatre grandes figures d'usagers sur leur expérience de l'éclairage urbain et d'autre part d'observer les différentes temporalités, qualités et ambiances lumineuses de l'espace du point de vue des problématiques spatiales et sociales d'une rue ou d'un quartier afin d'imaginer in fine des solutions nouvelles.

> Méthodologie de la recherche : état de l'art, étude des usages, laboratoire de conception voire de co-conception avec les usagers, expérimentation, valorisation

- par la voie de l'expérimentation technologique et le test de pré-scénario. Il s'agit de tester in situ des technologies existantes innovantes et disponibles (Philips), d'observer les usages en train de se faire et de recueillir le retour des usagers

> Méthodologie de l'expérimentation
- Les deux voies se sont croisées, les résultats de l'une servant de nouvelle matière à penser ou problématique à l'autre.

Phase 1. La rédaction de l'état de l'art La ville la nuit : acteurs, usages et effets - de septembre 2015 à janvier 2016

Recenser, décrire, trier, classer les projets, pratiques, initiatives, aménagements les plus innovants en matière de mise en lumière urbaine, du point de vue des usages. Pour chaque projet, nous avons identifié les acteurs et usagers impliqués - initiateurs, acteurs secondaires, bénéficiaires -, leur rôle dans le projet, et de préciser les usages de la lumière et leurs effets sur la ville et les habitants. L'objectif de l'état de l'art était double : acculturer l'équipe de recherche à la problématique et repérer les récurrences et les creux afin de formuler des axes de recherche "usage" aptes à guider la conception.

Phase 2. Enquêter et analyser des usages - de mars à mai 2016

Une triple enquête a été menée afin de comprendre les usages, confirmer les besoins, en affiner les contours, détecter de nouveaux besoins en matière d'éclairage urbain auprès des citoyens, des techniciens et des élus.
Deux binômes (sociologue et designer) ont étés missionnés durant cette phase, ils écrivent et illustrent les documents qui avec l'état de l'art sont une base théorique pour la phase de co-création.

Phase 3. Laboratoire de conception - juin 2016

Trois ateliers multidisciplinaires ont été organisés afin de faire émerger des idées, des scénarios et propositions concrète adapter aux usages. Citoyens, techniciens, professionnels et politique de la ville ont étés invités à participer à ces ateliers de co-design. Un cahier contenant une douzaine des meilleures idées issues de cette phase a été produit. Il permet de garder une trace pour la ville et les différents acteurs du projet d'ouvrir les perspectives de l'expérimentation.

Phase 4. Expérimentation et retro-analyse

En raison des temporalités imposées par l'AMI ANRU, les idées issues du laboratoire de conception n'ont pas pu être prototypé. Nous avons donc adapté une des dernières technologies de Philips aux usages observés dans le quartier.
Étude et sensibilisation du quartier - de mars à décembre 2016
Une enquête a été menée afin de comprendre les usages de la place Saint-Ennemond, confirmer les besoins et affiner les enjeux de l'expérimentation à venir.
Un binôme de designer et un sociologue ont étés missionnés durant cette phase, ils ont écrit et illustrés les documents qui avec les études préliminaires (l'état de l'art, l'étude des usages et le laboratoire de conception déjà réalisé) ont organisé une évaluation de l'expérimentation. Cette étude sera un levier pour enrichir la phase suivante : atelier identité du quartier accompagné d'une marche nocturne. Parallèlement à cette étude, un évènement et un travail de communication ont étés menés afin de sensibiliser les usagers à l'expérimentation et de prévenir, dans la mesure de possible, le vandalisme. Cet événement a sensibilisé les habitants du quartier au cadre de l'expérimentation, ses potentialités et ses fragilités.
Au 15 janvier 2017, une première installation d'un éclairage qualitatif, performant, programmable, qui préserve les habitations et intègre une capacité de changement de température (jaune/blanc), ainsi que d'intensité, a été installé pour l'expérimentation.

Atelier identité du quartier - de décembre 2016 au janvier 2017
A la suite d'une marche nocturne avec la collaboration Isabelle Corten, un évènement a été organisé afin de faire émerger des idées, des scénarios lumières dans le quartier. Parallèlement à cela, les enfants de l'amicale laïque du Babet ont fait des dessins qui ont était reproduit sous forme de gravure dans deux des luminaires nommés Métronomis installés sur la place. Métronomis est un luminaire qui est personnalisable par une gravure sur une plaque interne. Citoyens, commerçants et politique de la ville ont été invités à participer à un atelier de co-design qui a pour objectif de révéler ce symbole. Un recueil, contenant les meilleures idées issues de cet atelier, permet de garder une trace pour la ville et les différents acteurs du projet.

Expérimentation et rédaction de la retro-analyse - de janvier à avril 2017

Les observations précises menées dans ce cadre permettent d'évaluer la pertinence d'usage des scénarios lumières et un atelier créatif a été organisé afin d'envisager des évolutions ou de développer de nouveaux scénarios. Un document qui réunit les résultats de l'expérimentation présente une retro-analyse et des préconisations pour enrichir la rénovation lumière du quartier Tarentaize-Beaubrun. Un document présentant les scénarios issus de l'atelier de scénarios lumière organise et illustre les réponses.

Équipe de recherche

Direction de la recherche
Olivier Peyricot, directeur du pôle recherche, Cité du design

Encadrement de la recherche
Nicolas Roesch, chargé de recherche, Cité du design
Floriane Piat, chargée de recherche, Cité du design

Coordination de la recherche
Émilie Chabert, coordinatrice de la recherche, Cité du design

Collaborateurs :

Magalie Rastello, designer
Julie Gayral, designer
Alice Courilleau, designer
Franck Leard, sociologue
Charlotte Conraud, sociologue
Sophie de Gaillard, sociologue
Marine Douchy, sociologue

Support technique au membres de l'équipe de la recherche

Dorothée Noirbent, designer
Helena Almaric, designer