
Appel à contributions pour la revue Azimuts - Design Art Recherche.
Date limite : 20.04.2026
Le numéro 64 de la revue Azimuts - Design Art Recherche est porté par l’équipe de recherche IRD (Images, Récits, Documents) de l’École supérieure d’art et
design de Saint-Étienne.
Le laboratoire IRD est un lieu de recherche pratique et
théorique sur et avec les images, les récits, les documents autour de 2 axes de
recherche: Documenter, Fictionner un Territoire et Territoires du Graphisme.
Le laboratoire IRD est rattaché l’Unité de Recherche Design
& Création de l’ésad Saint-Étienne , soutenue par la Direction générale de la création
artistique du ministère de la Culture, DRAC Auvergne-Rhône-Alpes
Hors limites et dépassement des cadres en bande dessinée:
Extensions,
mutations, transformations de l’espace de la bande dessinée contemporaine et
devenirs de ses formes, formats, lectorats, auctorialités, réceptions et champs
de recherches.
La
bande dessinée est un territoire qui se transforme régulièrement depuis son
apparition au XIXe siècle. Ce champ de production culturelle qui est à la fois
un médium, un mode d’expression, un langage graphique ainsi qu’un secteur de
l’édition, connaît actuellement un rayonnement intense et actif dans la plupart
des aires géographiques et culturelles de la planète.
Édition et industrie
Art
de masse, si la bande dessinée relève d’abord des industries culturelles et
s’épanouit au sein de la presse puis de maisons d’éditions spécialisées, elle a
pu aussi éclore ou muter dans des circuits indépendants ou alternatifs
héritiers de l’underground et des formes semi-amateures de type fanzinat, dans
les années 70 aux USA puis à partir des années 90 en Franco-Belgique. Ses
crises sont parfois chaotiques et révélatrices de métamorphoses à venir. Elles
peuvent indiquer des espaces en mutation.
Vers
quels modes de diffusion, vers quels formats s’achemine-t-on ?
Quelles
nouvelles formes de l’imprimé peuvent éclore ?
Comment
les milieux numériques influent-ils sur ces évolutions ?
Standards et émancipation
La
bande dessinée est majoritairement diffusée sous la forme de standards
narratifs, organisés en différents genres respectant des principes de
sérialité, de figuration héroïque, d’archétypes et de répétition du même,
fidélisant des lectorats générationnels. A l’écart de ce marché, il existe
parallèlement et régulièrement des moments de contestation, de
ré-interrogation, de réinvention des thématiques, des formes et formats de la
bande dessinée. L’anti-héroïsme, l’autobiographie, l’introspection, les récits
de rêves, l’approche documentaire, les exercices d’écriture à contrainte… ont
été autant de façons de déplacer les limites de ce médium et de ses récits que
d’en altérer les cadres.
Quelles
sont aujourd’hui les limites en cours de dépassement, les champs à investir et
quels prochains horizons se préfigurent ?
Normes et contrebandes
Comme
industrie culturelle, la bande dessinée, ou BD, participe à la formation
normative des individus, elle propose des paradigmes “mainstream” sociaux et
sociétaux contrebalancés par des productions de modèles disruptifs ou
minoritaires, détournements, dé-marginalisations ou inclusions, contribuant à
des formes d’émancipation prises cependant dans un processus de fuite constante
ou de récupération.
L’évolution
de son lectorat permet de saisir comment la bande dessinée participe aux
évolutions sociales et si l’on a observé au fil du temps sa caractérisation de
littérature enfantine puis de presse adolescente, elle semble avoir atteint un
statut plus ou moins adulte, un genre de maturité avec des tendances parfois à
se cristalliser dans la nostalgie. Ses catégories peuvent s’estomper, il n’en
reste pas moins que ses amateur·ices se condensent parfois en publics-cible,
cercles ou communautés selon le prisme d’analyse marketing ou sociologique
adopté.
Les
statuts des lecteur·ices, le rôle de la réception de ces formes hybrides
d’images et de textes commencent à être étudiés.
Si
la féminisation en cours de son lectorat va de pair avec la possibilité de
l’édition de récits autres et l’essor de créatrices contemporaines, un travail
de construction d’un “matrimoine de la bande dessinée” reste nécessaire pour
désocculter la place des femmes dans cette courte histoire.
Plus
globalement, alors que cette littérature graphique s’inscrivait dans des
cultures très localisées, elle s’ouvre à présent à de nouvelles aires
culturelles.
En
quoi lire et regarder de la bande dessinée produit-il une expérience du monde
sensible et actuelle ? En
quoi la bande dessinée transforme-t-elle ses publics, selon quelles formes
d’agentivité et quelle place y tient cette littératie visuelle ?
Quels
imaginaires peuvent désormais s’y déployer ?
Art
et langage
Si
la bande dessinée, parce qu’elle produit du texte et du récit, a parfois été
conviée dans le champ littéraire c’est surtout comme sous-littérature comme
l’évoque le terme de roman graphique. De façon symétrique, sur son versant
dessiné et imagé, elle demeure, dans la hiérarchie encore active de l’art, une
catégorie mineure. Alors que ce langage particulier est tissé de mots et de
signes, de phrases et d’images, c’est cette qualité d’hybridation de l’icône et
du texte qui en fait la spécificité ainsi d’ailleurs que sa nature
séquentielle. Aborder ce langage qui est simultanément un art par le prisme de
sa matérialité, du dessin, du graphisme, de la couleur nous rappelle qu’il ne
s’agit pas seulement d’illustrer des récits et que sa qualité d’original tient
dans sa dimension de copie, en tout cas de multiple.
Est
ce que la bande dessinée ne pourrait pas revendiquer maintenant, une
indépendance, à partir de ses qualités ontologiques et matérielles?
Et
si elle est un art, ne faudrait-il pas établir de nouveaux rapports à
l’expérience que l’on en fait, à sa valorisation comme à ses modes d’exposition ?
D’autres
auctorialités
L’édition
de la bande dessinée a pu selon les situations valoriser une politique
d’auteurs reposant sur des créateurs uniques ou en binôme, s’entourant parfois
de collaborateurs pour développer leur œuvre et assurer la pérennité de séries
ou bien pratiquer l’interchangeabilité des scénaristes ou dessinateurs. Ce
statut traditionnel pourrait très vite être remis en cause par l’utilisation de
l’intelligence artificielle. Mais des décloisonnements adviennent ailleurs par
le travail d’ateliers et d’éditeurs décidés à rendre visible des pratiques de
pure expression qui s’apparentent à l’Art Brut opérant des croisements avec des
créateurs de bande dessinée alternative. Ces publications de bande dessinée
outsiders comprennent aussi des productions amateurs et enfantines.
Ces
diverses formes d’auctorialité peuvent engendrer de nouvelles manières
d’aborder la création des bandes dessinées. Alors qu’il a pu être possible de
penser l’évolution du médium sur le modèle des avant-gardes et de ses
manifestes, il est à présent instructif de continuer à expérimenter des
agencements de bandes dessinées non narratives ou abstraites, critiques,
conceptuelles ou spéculatives.
Comment
la bande dessinée sort-elle de ses cadres et selon quelles conditions ?
Peut-il
y avoir un au-delà de la bande dessinée et selon quelles formes contemporaines
de radicalité peut-elle encore se développer ?
Discours
et recherche
Enfin,
il apparaît que si le discours critique sur la bande dessinée a tardé à se
mettre en place; c’est d’abord par une approche structuraliste, sémiologique et
narratologique, qu’il a été initié par des scientifiques comme Pierre
Fresnault-Deruelle pour être ensuite activé de manière endogène par des acteurs
du système: auteurs, éditeurs, critiques et exégètes.
Plus
récemment s’est ouvert un large champ d’étude de diverses disciplines, comptant
des recherches en études de culture graphique, comics studies, littérature
comparée, anthropologie des images, histoires culturelles, histoire des médias,
intermédialités, culture de l’imprimé et produisant séminaires, articles,
revues et thèses relatifs à la bande dessinée dans des cadres universitaires.
Comment
et sous quelles formes ces recherches et cette démarche critique peuvent-elles
nourrir et accompagner l’évolution de nouvelles pratiques mais aussi comment la
bande dessinée peut- elle produire du savoir et de la connaissance ?
Peut-on
finalement, en toute simplicité, penser avec la Bande Dessinée ?
La Montagne (2025) Valfret,
FRMK
Contrebande, une
cartographie de la bande dessinée alternative francophone (2024) Morvandiau, Ed
du commun
Construire un matrimoine de
la bande dessinée (2024) Hertiman Marys Renné & de Singly Camille (dir.),
Les presses du réel
Baguenaudes,
(2024) Jdanoff Marion, Superloto ed.
La Bande dessinée
spéculative Conceptual comics (2024) catalogue collectif (corpus coco établi
par Ilan Manouach), ed. 5e couche
Grip (2023) Westvind Lale,
ed Les requins Marteaux
Art Brut et Bande dessinée
(2022) Dejasse Erwin, Atrabile, collection de l’art Brut
Visages du temps (2020)
Stein Sammy, ed Matières
Entretien avec Xavier
Löwenthal editeur la 5e couche (2022) Paillasson Jean-Claude, in Le discours
critique en art & design, ed fabelio
L’engendrement
des images en bande dessinée (2013) Garric Henri (dir.), iconotextes PU
François Rabelais Tours.
La Bande dessinée, une
médiaculture (2012) Maigret, Eric &
Stefanelli Matteo (dir.) Armand Colin, ina ed.
Stripovi, bande dessinée
indépendante et contemporaine en Serbie et Croatie (2009) Marcadé Joanna, ed
Turbo comix
Le coup de grâce (2006)
collectif, ed 5e couche
De la misère, Controverses
n°3 (1986) Barthélémy Schwartz, - repris dans L’Éprouvette N°2 (2006) , ed
L’Association
TNT en Amérique (2002)
Gerner Jochen, ed l’ampoule
Système de la bande
dessinée (1999) Groensteen Thierry, PUF
De la culture considérée
comme un croissant congelé, (1985) Frank, Controverses n°2
La
bande dessinée et son discours (1976) Communication n°24, ed Seuil
Éditions :
5e
couche, Adverse, Apocalypse, l’Association, Atrabile, Cornelius, Frmk, Lagon
Revue, Requins Marteaux, Matières, Presses Universitaires François Rabelais…
Revues en ligne:
Dorénavant
( du9.org/dossier/dorenavant-n1-mars-1986 )
du 9
l’autre bande dessinée ( www.du9.org )
Comicalités
Etudes de culture graphique ( journals.openedition.org/comicalites )
Neuvième
art, revue de la CIBDI ( citebd.org/neuvieme-art )
Nous encourageons les contributions critiques, théoriques, expérimentales ou fondées sur des projets concrets. Chercheur·euses, artistes et théoricien·nes sont invité·es à soumettre des textes, articles, essais libres, entretiens, analyses, études de cas ou propositions visuelles sous forme écrite et bien entendu dessinée (strips, planches…) explorant la thématique proposée.
Ce numéro est porté par l’équipe de recherche IRD (Images -
Récits- Documents) de l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne.
Le laboratoire IRD est un lieu de recherche pratique et
théorique sur et avec les images, les récits, les documents autour de 2 axes de
recherche: Documenter, Fictionner un Territoire et Territoires du Graphisme.
Le laboratoire IRD est rattaché l’Unité de Recherche Design
& Création de l’ésad Saint-Étienne, soutenue par la Direction générale de la création
artistique du ministère de la Culture, DRAC Auvergne-Rhône-Alpes

Les résumés des propositions de
contribution doivent être envoyés avant le 20.04.2026
Les propositions doivent comporter un titre, le prénom et le nom de
l’auteur·ice, ainsi que quelques lignes de présentation [biographie (qualité,
rattachement institutionnel ou lieu d’exercice de la profession) et une ou deux
références bibliographiques propres à l’auteur].
Le dépôt se fait via : azimuts.contribution@esadse.fr avec l’objet « Azimuts-contribution n°64 »
- Format du fichier : .doc, .pdf
- Intitulé du fichier : « nom de l’auteur·ice_ AZ64 »
L’iconographie
éventuelle doit être envoyée via la même adresse mail.
Pour l’appel à contribution, la taille du résumé
demandé est de 2 000 signes pour des textes finaux d’une taille de 8 000 à 15 000
signes.
En parallèle pour le bon suivi de votre dépôt, nous vous remercions de compléter le formulaire ci-dessous :
Formulaire
Premier retour aux
contributeur·ice·s : 22 mai 2026
Suivi éditorial : mai - septembre 2026
Les textes acceptés seront à rendre
terminés (texte + iconographie éventuelle) le 15.09.2026 :
• en cas de texte : entre 8 000 et
15 000 signes maximum,
• en cas de contribution
essentiellement visuelle : entre 1 et 8 pages, format : 22 cm de haut x 16.5 cm
de large.
Date de parution du numéro en langue française
(livre) et anglaise (numérique) : octobre 2027
Pour toutes questions et
informations complémentaires, merci d’utiliser la même adresse mail que pour
l’envoi des propositions :
azimuts.contribution@esadse.fr




