Entretien | Avant Biennale 2022 | Itinéraire bis

La Turbine Créative, un tiers-lieu pour un renouveau économique et social

Itinéraire bis : l’association des Nouveaux Ateliers du Dorlay inaugure son nouveau Labo Textile 

par Julie Guyon

Le jeudi 21 octobre 2021, la Turbine Créative, portée par l’Association des Nouveaux Ateliers du Dorlay, inaugurait son nouveau Labo Textile à la Terrasse-sur-Dorlay. Dans le cadre de la Biennale, des ateliers participatifs ouverts à tous et animés par des professionnels des métiers d’art seront proposés sur la thématique de l’upcycling. Rencontre avec Emmanuelle Gaide, co-directrice en charge des formations et de l’animation de la Turbine Créative. 

Pouvez-vous présenter votre association ?

L’association des Nouveaux Ateliers du Dorlay est née en 2020 suite à tout un travail préliminaire mené par le Parc du Pilat. Elle regroupe de nombreux acteurs du territoire, des habitants, des élus, des artisans installés dans la Vallée du Dorlay, dans la Loire, à Saint-Étienne ou encore à Lyon. Nous avons aussi d'autres adhérents qui viennent de Bretagne. Le Labo Textile est le fablab de la Turbine Créative, un tiers-lieu de l’association qui a pour objectif de promouvoir les métiers d’art textile, la création et le design d’accessoires de mode. Cette thématique a été conservée car elle existait déjà dans la Vallée du Dorlay. Historiquement, d’anciennes usines de moulinage et de tresses et lacets y étaient installées. Pour donner une idée, à l’époque, une trentaine d’usines étaient implantées dans un rayon de 10 kilomètres.

Quel est le concept du Labo Textile ?

Le Labo Textile est un atelier partagé qui permet à des professionnels de développer des recherches et des prototypes sur des machines qu'ils ne peuvent pas acquérir eux-mêmes, du moins de manière individuelle. Le Labo est pensé comme une offre complémentaire avec une brodeuse numérique professionnelle, des métiers à tisser, un pôle couture, des machines à coudre et des surjeteuses, des tables de coupe, des ciseaux de coupe professionnels et un labo photo pour mettre en valeur les créations. On propose également une offre de formation car certaines machines nécessitent un temps d’apprentissage. Pour l’instant, le Labo est ouvert aux professionnels, mais aussi aux amateurs dans la cadre de stages.

Quand on sait qu’une brodeuse professionnelle coûte 6500 euros, forcément on comprend que c’est mieux de la partager.

Emmanuelle Gaide

Quelles étaient vos références pour la création du Labo Textile ?

On fait partie de France Tiers-Lieux, une association qui permet de se mettre en lien avec les tiers-lieux de France. A Sète, à la Palanquée, par exemple, ils n’ont pas de labo purement textile, mais un fab lab plus généraliste. On est allés visiter l’Open Factory qui dispose d'une brodeuse mais ce ne sont que des machines liées au bois ou à de la découpe métallique. On est allé voir du côté du Textile lab à Lyon, puis au Roselab à Toulouse, Sew&Laine à Bordeaux… Il y a aussi le 8 Fab lab autour de la céramique dans la Drôme. Tout le monde n’est pas dans le sujet textile, finalement on est peu nombreux, mais c'est quand même intéressant de voir les différentes propositions et comment s’organisent les autres.

En quoi ce projet est en lien avec la thématique des bifurcations ?

C’est la mutualisation qui représente une bifurcation : cela permet d'avoir accès à du matériel qui permet de la petite série et apporte une offre différente du made in china. C'est donc aussi un retour à de la consommation plus locale. On s’inscrit dans la lignée du do it yourself : réapprendre les gestes, faire des choses soi-même à un niveau plus ou moins sophistiqué. Par exemple, on propose une formation sashiko, qui est une technique japonaise de points de broderie et un atelier autour du boro, une technique de rapiéçage, proche du patchwork. On peut commander sur internet une brodeuse ou en mercerie, mais venir faire de la broderie personnalisée sur une machine professionnelle est, je pense, une réponse nouvelle à un besoin des gens de faire les choses eux-mêmes.

Quelles sont les prochaines étapes de développement du Labo Textile ?

Le Labo est dans sa phase 1, tout est en construction. On applique le principe d’effectuation, on a un modèle économique, on a fait un plan de développement et maintenant on avance au fur et à mesure, on teste des choses qui nous mènent aux étapes suivantes. Le Labo doit servir à faire vivre les artisans du territoire. L’association des Métiers d’Art du Pilat, avec qui on collabore, va sortir un petit annuaire des artisans de la région. On prévoit également, à partir de 2023, des résidences d’artistes.

Que présenterez-vous dans le cadre de la Biennale ?

Nous accueillons prochainement un workshop intitulé « Entrelacs, recherche expérimentale textile dans la vallée du Dorlay » mené par des étudiants en art et design de l’École Supérieure d’Art et de Design de Saint-Étienne du 22 au 26 novembre 2021 au Labo Textile. Une restitution de ce travail aura lieu dans différents endroits emblématiques de la Vallée du Dorlay comme la Maison des Tresses et des Lacets durant la Biennale. Ce projet bénéficie du soutien du programme européen Human Cities : Smoties (Creative Work With Small and Remote Places).

Plus d’informations
Installez votre activité dans la vallée du Dorlay Les Nouveaux Ateliers du Dorlay
Labo Textile
7 rue André Menut
42740 La Terrasse sur Dorlay

par Julie Guyon


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