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Le modernisme scandinave 

1935–1957

Par Dufour Lisa

Alvar AALTO - Table et chaises - vers 1935
Bois lamellé-collé et contreplaqué moulé
Inv. : 2000.17.1 (1-5) © Adagp, Paris 2013

Alvar Aalto et le design scandinave. Un modernisme humaniste, 1935-1957

Les impératifs modernes de fonctionnalisme et de rationalisme s’imposent également dans les pays scandinaves, avant la seconde guerre mondiale. Pourtant, ainsi qu’il apparaît très nettement dans le choix des matériaux et des formes, ce modernisme va affirmer une vision tout à fait singulière de l’objet et de sa place dans l’environnement humain.

C’est le designer Alvar Aalto qui trace véritablement cette nouvelle voie dans le modernisme. Loin de la fascination de ses pairs pour l’esthétique de la machine, et trouvant l’usage du fer et du verre trop froid pour la réalisation de mobilier, il se concentre sur des recherches techniques telles que la mise en œuvre du lamellé-collé, dont il parvient à tirer les mêmes qualités de solidité, de souplesse et de plasticité que celles offertes par le métal. La résistance des lames de bois qui portent, en suspension, l’assise et le dossier du fauteuil 401, en 1936, illustrent bien les possibilités nouvelles de ce matériau.

Outre l’usage du bois, les formes se distinguent de la doxa moderniste : un certain retour à la courbe s’opère, découlant à la fois de la technique et d’un véritable parti pris. Il s’agit de revenir à des formes à la fois plus organiques et plus anthropomorphes, contre l’idée d’un modernisme qui sacrifierait à sa doctrine le plus élémentaire confort.

Le modernisme scandinave, tout en s’ouvrant à la modernité technique et en se mettant au service d’une évolution fonctionnaliste et démocratique du design, replace donc les objets dans un double lien, à la nature et à l’homme, qu’il veut plus proche et plus harmonieux.

Par Dufour Lisa


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