28.01.2021 ⁄ 14:0017:00
Table ronde

Les pratiques d’écriture de la critique

Romain Mathieu, Chiara Rubessi, Elsa Vettier et Kader Mokaddem

Par Sandra Jacquier

 © Jean-Claude Paillasson

Rencontres organisées par l’unité de recherche Design et création de l’Esadse et soutenues par le ministère de la Culture en partenariat scientifique avec les Archives de la critique d’art et artpress.

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Les pratiques d’écriture de la critique
La critique se construit comme un ensemble d’énonciation pour élaborer des critères d’évaluations et de jugements à partir de la rencontre d’une œuvre. Cette pratique engendre des modalités particulières d’écriture qui déploient des pratiques spécifiques. Écrire dans le champ de la critique, c’est traditionnellement développer des perspectives particulières où certains enjeux déterminent des jugements sur le critère esthétique de l’œuvre étudiée.

De multiples possibilités de pratiquer l’écriture critique se sont construites au fur et à mesure de l’histoire de l’art. Pour le design, cela commence véritablement avec le XXe siècle avec d’autres exigences. Si l’écriture critique en art s’est, elle, constituée en partie à partir d’une pratique d’écriture de l’histoire de l’art, il n’en est pas de même pour le design où l’écriture accompagne la construction de la légitimation du design.

L’écriture critique n’est donc plus uniquement depuis le XXe siècle une approche de l’œuvre, elle participe de l’élaboration même de l’œuvre.  Elle permet également aux artistes et designers de s’instituer, au-delà de leur statut de créateur,  comme des auteurs. Ce glissement sur la question de l’auteur les pratiques d’écriture de la critique par les artistes en rendent compte. Il ne s’agit plus simplement de rendre compte d’une œuvre par la description ordonnée (l’ekphrasis, l’hypotypose de la rhétorique classique) ou par la validation d’une expérience esthétique relevant d’un jugement de goût (le jugement tel qu’il se déploie dans l’écriture critique du XVIIIe siècle sous l’impulsion d’un Diderot dans les Salons ou d’un Kant dans la Critique de la faculté de juger) ou encore par l’analyse critique (le discours hégélien de l’esthétique portant sur une finalité de l’œuvre de l’art) mais bien d’élaborer par l’écriture critique une origine de l’œuvre non pas comme attribution d’un statut mais comme écriture génétique (voire généalogique) du statut d’auteur-créateur.

Les pratiques de la critique deviennent donc partie prenante du processus de production et de création pour certains artistes et designers et les formes d’écriture s’élaborent alors autrement et doivent se constituer en accord avec les enjeux portés par l’artiste-critique ou par le designer-critique. Cette extension du champ de la critique par des pratiques d’écriture semble être en fait une reprise du sens originel de la critique questionnant les circonstances et les conditions d’une œuvre dans son champ. Les écritures de la critiques relèvent donc d’écritures critiques par lesquelles un artiste ou un designer mesurent les conditions d’apparition et de réception, les caractéristiques de son travail. Elles permettent en somme à un artiste ou à un designer de construire le rapport subjectif qu’il élabore dans son travail à l’art ou au design. Le rapport à l’écriture critique devient alors constitutif de l’œuvre et interroge la relation du créateur en tant qu’auteur.


Participants

Romain Mathieu
Romain Mathieu (Esadse-LEM, enseignant-chercheur, coordinateur du programme) est docteur en histoire de l’art contemporain. Il enseigne également à l’Université d’Aix-Marseille et est membre de l’AICA. Il est un contributeur régulier d’artpress et a publié des textes dans plusieurs catalogues pour des musées et des galeries. Il a été commissaire de l’exposition Supports/Surfaces – Les origines : 1966-1970 au musée d’art contemporain de Nîmes.

Chiara Rubessi
Chiara Rubessi est docteure en Arts du spectacle et études cinématographiques à l’UGA-Université
Grenoble Alpes (lab. Cinesthea). En 2009, elle a terminé un Executive Master en Design d’espace au Politecnico di Milano. Elle est enseignante-chercheuse en Design d’espace et Cinéma. Elle a enseigné à l’Université Jean Monnet-Saint-Étienne (Master HCP Histoire, Patrimoine, Civilisations), Politecnico di Milano, POLI.design de Milan, Esdac-Aix-en-Provence et Ensba-Lyon. Entre 2017 et 2018, elle a été ATER à l’Université de Lorraine, Nancy. Auteure de textes critiques sur le cinéma, le design et les arts visuels.

Parmi ses publications : 2019, Un dispositif d’art-spectacle: autour de l’exposition Edward Hopper, in Simulations du monde. Panoramas, parcs à thème et autres dispositifs immersifs, MētisPresses, Genève. 2018, La mise en scène des artéfacts. L’exposition temporaire Il Nilo a Pompei, in Des lieux pour penser, Musées, Théâtres, Bibliothèques. Matériaux pour une discussion, ICOFOMSorbonne Nouvelle Paris 3. 2017 Rubessi, C., Le phénomène « carte blanche à un designer ». Pratiques de communication dans le musée MUDAC, in Revue MEI « Médiation et Information » Design et communication, numéro 40, (sous la direction de Bernard Darras et Stéphane Vial), L’Harmattan. 2010 Rubessi, C., Sustainable practice in retail design: new functions between matter and space, in IDEA Journal 2010, Registered at the National Library of Australia. Queensland University of Technology, Brisbane.

Elsa Vettier
Elsa Vettier est historienne de l’art contemporain, critique d’art et commissaire d’exposition. Elle écrit à propos des artistes et pour les artistes, au sujet d’expositions et pour leur public, collaborant régulièrement avec des revues et des institutions. Elle a précédemment travaillé aux côtés de Charlotte Laubard pour Nuit blanche 2017, avec Étienne Bernard et Céline Kopp à l’occasion de la 6e édition des Ateliers de Rennes – biennale d’art contemporain et actuellement avec l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy. En 2020, elle publie son premier ouvrage Saint-Pierre-des-corps co-écrit avec Jean-Charles de Quillacq.

Kader Mokaddem 
Kader Mokaddem  est professeur de Philosophie et Esthétique, co-responsable de l’équipe IRD à L’Esadse


La sécurité des intervenant·e·s et des publics reste la priorité. Les différentes journées sont adaptées afin d’être compatibles avec les gestes barrières : espacement entre chaque siège d'un mètre minimum, éclatement de l’évènement dans différentes salles, nombre de personnes par journée limité, tenue des journées en visioconférence , etc.

Par Sandra Jacquier

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