
« Tamis tamis » est une tentative pour transmettre, faire infuser une nouvelle manière d'appréhender le temps et l'espace, une invitation à ralentir collectivement. Elle explore notre relation aux corps qui nous entourent, notre ancrage au sol et notre souffle et nous permet de nous reconnecter avec notre existence cyclique, en s'engageant activement dans de nouvelles expériences de la réalité.
Le tamis, ligne poreuse qui accueille le passage, le changement d'état d'un corps est au cœur de ce diplôme. Deux propositions le composent.
Une performance à trois où un très grand cercle de chutes de bois accueille une toile tendue, poreuse, qui laisse échapper la farine et la dépose sur le sol. La trajectoire n'est pas clairement décidée. Il faut laisser sa place à l'écoute entre les corps, le souffle et la sensation du poids de l'objet qui change, au fur et à mesure que l'on se déplace dans l'espace. Cette trace est éphémère. Après le temps de tamisage, la poudre vient regagner son réceptacle de papier mâché, et le cycle peut recommencer. Un nouveau trajet se dessine au sol, déposé par le mouvement des corps et du tamis, et ainsi de suite.
À côté, un double tamis, presque claie de séchage, à activer indépendamment des performeurs, où le moment du passage d'un état à un autre se matérialise par un tissage de longs fils entre deux toiles de jute récupérées. À l'intérieur, flux et poudres peuvent circuler, attirés par le sol ou le ciel, et le temps de leur présence semble comme suspendu.
Instagram @jeanneblanchiet
©Jeanne Blanchiet
© Photographies de Pierre Grasset








