
Comment des objets apparemment banals deviennent-ils les traces matérielles d’histoires coloniales, migratoires et familiales ?
Je suis née d’un père français et d’une mère philippine. Ayant grandi en France, j’ai longtemps entretenu un rapport fragmentaire à ma culture maternelle. À partir de cette histoire personnelle, je mène une enquête sur la figure de la Filipina Overseas et les mécanismes qui participent à la construction de son altérité. Mon travail plastique prolonge cette recherche en s’intéressant au vocabulaire visuel des images, des objets et des produits issus des échanges commerciaux globaux. À travers l’installation, la photographie, l’édition, le motif et la collecte d’artefacts, je cherche à rendre visibles les récits historiques, économiques et intimes contenus dans ces objets du quotidien. Mon travail interroge la manière dont les représentations façonnent nos imaginaires et envisage le design comme un outil d’enquête, de réécriture et de contre-récit.
À propos de Philippine Brulé
Ma pratique prend sa source dans mon histoire familiale et dans le désir de mieux comprendre la culture maternelle dont je me suis longtemps sentie éloignée. Cette recherche s’est construite à travers mon mémoire « Made in Philippines, OFW : la création de l’altérité », puis s’est prolongée dans une pratique mêlant art, design et enquête. Les archives, les objets du quotidien, les échanges commerciaux et les cultures matérielles constituent aujourd’hui mes principales sources d’inspiration. Les démarches de Dash & Zéphyr, Mirelle van Tulder, ou encore Paulo Nazareth nourrissent également ma réflexion sur le rôle du design et de l’image dans la fabrication des récits.
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©Philippine Brulé
© Photographies de Pierre Grasset
