
De nombreuses rivières traversant les villes ont été recouvertes de béton au cours de l’industrialisation et de l’urbanisation. Cette pratique est appelée « couverture des cours d’eau ». Elle consiste à recouvrir une rivière par une structure afin de la rendre invisible. Aujourd’hui, la plupart de ces rivières se trouvent sous des routes, des bâtiments ou des parkings.
Que pouvons-nous faire lorsqu’une rivière demeure enfouie sous le béton et que sa restauration est difficile ?
Ce projet propose un parcours reliant différents lieux où subsistent des traces de la rivière. Le Furan, qui traverse le centre de Saint-Étienne, est aujourd’hui en grande partie enfoui sous la ville. La ville a recouvert le Furan, mais celui-ci est toujours là.
À travers l’expérience de sa redécouverte, ce projet invite à porter un nouveau regard sur l’histoire urbaine, le paysage et les écosystèmes devenus invisibles. Chaque année, alors que les records de chaleur sont battus et que les épisodes de pluies torrentielles deviennent plus fréquents, de quoi nos villes ont-elles réellement besoin aujourd’hui ? Ce projet ouvre la possibilité d’imaginer le retour des rivières, d’abord dans notre imaginaire, puis sous nos yeux.
À propos de Subin Chung
Bonjour, je m'appelle Subin Chung.
Après avoir travaillé pendant trois ans comme designer d'espace en Corée du Sud, je suis venue en France. Cela fait maintenant deux ans que je vis ici. En Corée, après avoir obtenu une licence en design de mobilier, j'ai travaillé pendant trois ans sur des projets de bureaux, d'hôpitaux et d'établissements publics.
Je suis une designer particulièrement sensible aux questions environnementales. Cependant, plutôt que d'aborder l'environnement à travers les technologies ou les solutions techniques, je m'intéresse davantage à la manière dont il s'inscrit dans la mémoire des habitants et dans l'histoire des lieux. Ma principale source d'inspiration est la mémoire des lieux que les gens ont oubliés, ainsi que les histoires qu'ils renferment.
Ce projet est directement issu de mon mémoire, intitulé « Plonger dans l'exploration des rivières cachées urbaines ». Ma recherche porte sur les rivières disparues dans les villes et prend comme études de cas le Furan à Saint-Étienne, le Cheonggyecheon à Séoul et le Turia à Valence. J'y ai réfléchi à la manière de rendre à nouveau visibles ces rivières disparues aux yeux des habitants.
En réalité, lorsque je travaillais en Corée, mon rôle consistait souvent à « cacher ». Je dissimulais des unités extérieures de climatisation ou des canalisations peu esthétiques à l'aide de végétaux. À l'époque, je pensais que c'était la meilleure solution. Mais en écrivant ce mémoire, j'ai réalisé que cette logique était finalement la même que celle qui consiste à enfouir une rivière sous terre parce qu'elle est considérée comme sale.
Depuis, je m'intéresse davantage à un design qui ne cache pas, mais qui révèle à nouveau les histoires et les lieux que les gens avaient oubliés. À l'avenir, j'aimerais devenir une designer capable de montrer, sans les dissimuler, les histoires qui habitent les personnes, les lieux et l'environnement.
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