
J’ai commencé à questionner notre rapport à la lecture avec mon mémoire sur la contribution du graphisme au bonheur de lire. Mais j’ai eu envie d’inviter chacun à s’arrêter, à ressentir et à vivre cette question à son tour.
En m’appuyant sur le livre Le Goût des mots de Françoise Héritier, dans lequel elle évoque et propose d’expérimenter la saveur des mots, ma curiosité m’a conduite à me laisser tenter par sa pensée, avec l’espoir de développer, moi aussi, un goût pour les mots et un plaisir de l’écriture.
Cette expérience m’a finalement amenée à réinterroger notre manière de voir les mots, de les lire, de les dire, de les entendre, de les écrire, de les comprendre et de les utiliser. Elle m’a également conduite à questionner la facilité avec laquelle nous les conditionnons lorsque cela nous arrange.
En puisant dans le texte que j’ai écrit à partir d’expressions idiomatiques, je me suis autorisée à les transformer sans craindre les conséquences d’être reprise. Il y a donc pour moi un véritable plaisir à assumer ces erreurs, à les accueillir non plus comme des fautes à corriger, mais comme des possibilités de déplacement du langage et de création de nouveaux sens.
Ainsi, ce geste a constitué un premier pas vers ce rapport joyeux que je souhaite construire avec le texte.
« Je suis entourée de mots dans une forêt bruissante où chacun se démène pour attirer l’attention et prendre le dessus, retenir, intriguer, subjuguer, et chacun aspire à des échappées belles. Comme si on les sortait de leur prison. On entre dans le domaine de la joie pure. Tous ces mots qui dansent, se déhanchent, se désintègrent, ondulent autour de moi m’entraînent dans la grande ronde de la fantaisie première. » - Françoise Héritier dans Le goût des mots
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©Photographies de Pierre Grasset







