Deep Design Lab

Text by Vincent GobberLe Deep Design Lab est une collaboration quinquennale (2019―2025) entre la Cité du design et l'École urbaine de Lyon

Sous la direction de Olivier Peyricot, directeur de la recherche Cité du design et Michel Lussault, directeur de l'École urbaine de Lyon.

Contact : Simone Fehlinger (designer-chercheure, responsable du Deep Design Lab)
simone.fehlinger@citedudesign.com

Explorations profondes des matérialités et des représentations visuelles de l'anthropocène

Deep Design Lab © Simone Fehlinger (composing with "The Blue Marble", 1972 © NASA)

Le Deep Design Lab (DDL) explore des artefacts qui organisent les relations entre l'Homme et la nature dans le cadre du concept de l'anthropocène ― concept qui désigne l'activité humaine comme puissance géologique. 

Le Deep Design Lab part de deux postulats : 
―  l'anthropocène est la conséquence de la division artificielle (et occidentale) de notre habitat en deux espaces, naturel et culturel,
―  ce même habitat a été construit par une élite européenne aux dépens des êtres humains déclassés et au détriment des êtres non-humains.

Le terme d'anthropocène décrit le fait que les activités humaines (comme l'agriculture, la colonisation, l'industrialisation, l'urbanisation, le capitalisme ou le consumérisme) ont profondément altéré les cycles biogéochimiques de la planète. L'être humain aurait ainsi créé une nouvelle strate géologique archivant le radio-isotope, le plastique, le béton ou le génocide. Le Deep Design Lab explore nos matérialités et nos représentations visuelles de l'anthropocène afin de questionner des pensées et des normes profondément ancrées dans nos images, nos objets, nos bâtiments et nos infrastructures.

Pour comprendre et pour s'émanciper de ces Master's Tools (« outils du maître ») comme les appelle la poétesse et militante étasunienne Audre Lorde, les projets du DDL s'intéressent aux objets et aux images qui conditionnent les rapports entre l'humain et son environnement. Ils étudient aussi bien les réalités matérielles de ces outils que les récits qu'ils engendrent ; considèrent les ressources et les infrastructures humaines et non-humaines nécessaires à leurs créations ; déconstruisent les fictions qu'ils génèrent (les idéologies socio-politiques, économiques ou écologiques matérialisées par les artefacts) ; questionnent les environnements qui transforment les fictions en attitudes dans nos réalités quotidiennes. 

Le terme "deep" renvoie ainsi à un design "profond" qui défie la vision moderne du design (et du monde). Cette vision se caractérise par un style ― une surface ― qui masque des réalités matérielles composées et simplifie des relations humains/humains, humains/non-humains ou non-humains/non-humains pourtant complexes et interdépendantes. DDL prend comme point de départ la bifurcation entreprise par les Européens au XVe siècle lorsque le monde divin s'est transformé en "laboratoire" (Georges Bernanos), c'est-à-dire en objet d'étude et de contrôle. En questionnant la performativité du design et sa capacité à créer des valeurs sociales et politiques, les projets menés au sein du Deep Design Lab cherchent des artefacts qui génèrent des attitudes non-anthropocentriques.

Inspiré par les méthodologies anthropologiques, le Deep Design Lab produit des contenus au travers de l'enquête et du travail de terrain, tout en développant ses propres méthodes et outils de recherche-design. Il cherche à mettre en forme cette enquête et partager cette recherche (en cours). Le Deep Design Lab se construit sur trois axes thématiques :

Systèmes techniques

Nous ne vivons pas sans médiation avec nos environnements (naturels et artificiels). Nous rendons notre monde habitable à travers nos outils, nos images, nos objets, etc. qui fonctionnent en tant que systèmes complexes modélisant nos corps, nos paysages, nos comportements. Comment "re-designer" les médias techniques de notre quotidien pour modéliser des attitudes "non-anthropocènes" qui reposent sur des réalités interconnectées ?

Terre des villes
L'histoire de Saint-Étienne est étroitement liée à l'histoire de la colonisation des sols par l'Homme. Les mines en tant qu'artefacts de l'anthropocène sont le reflet des transformations environnementales provoquées par l'action humaine (extraction des ressources, déplacement de la terre, pollution des sols, etc.). Comment le design peut-il contribuer à rendre (à nouveau) habitable ces paysages altérées ? Comment instaurer un nouveau "contrat" de cohabitation entre humain et non-humain ?

Bifurcations
Comment le design, par la création d'expérimentations et de scénarios, peut proposer un "méta-discours" pour guider la prise de décision politique ? De quelle manière le design peut-il accompagner et/ou provoquer des changements radicaux ?


Le Deep Design Lab est une collaboration quinquennale (2019―2025) entre la Cité du design et l'École urbaine de Lyon. Il met en oeuvre les valeurs et engagements communs aux deux entités : l'interdisciplinarité radicale, l'expérimentation comme pratique concrète de la recherche, la forme en tant que moyen de partage du savoir avec le plus grand nombre (experts et non-experts).

Equipe :
Sous la direction de Olivier Peyricot, directeur de la recherche Cité du design et Michel Lussault, directeur de l'École urbaine de Lyon.

― Simone Fehlinger : designer-chercheure, responsable du Deep Design Lab
― Marine Fulchiron Lecointe : coordinatrice recherche Cité du design 
― Bérénice Gagne : chargée de projets à l'École urbaine de Lyon (en charge de la veille, de la formation professionnelle et du territoire de Saint-Etienne)
― Camille Chatelaine : designer graphique Cité du design
― Soizic Briand : éditrice
― Jean-Sébastien Poncet, designer-chercheur associé
― Mathilde Pellé, designer-chercheure associée
― Delphine Hyvrier, doctorante UJM/Cité du design

Ce travail a bénéficié d’une aide de l’Etat gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme d’investissements d’avenir portant la référence ANR 17-CONV-0004.


English version

Deep Design Lab © Simone Fehlinger (composing with "Earthrise", 1968 © NASA)

The Deep Design Lab (DDL) explores artifacts that organize the relations between Man and nature in the context of the Anthropocene―concept that names human activity as geological force.  

The Deep Design Lab is based on two starting-points :
― the Anthropocene is the consequence of an artificial (Western) separation of our habitat in two spaces, nature and culture 
― the same habitat has been built by an European elite at stake of declassified human beings and at the expense of non-human beings.

The notion of the "Anthropocene" expresses the fact that human activities (such as agriculture, colonialism, industrialization, urbanization, capitalism or consumerism) have profoundly altered the biogeochemical cycles of our planet. Man would have created a new geological layer archiving radioisotopes, plastic, concrete or genocide. The Deep Design Lab explores the material and the visual of the Anthropocene in order to question the thoughts and norms deeply embedded in our images, objects, buildings and infrastructures.

In order to understand and to emancipate from the "Master's Tools" (Audre Lorde), the DDL projects are thus interested in images and objects that condition the relationship between the human and its environment. They study material realities composing our tools (human and non-human "resources" and infrastructures); deconstruct the fictions that these same tools generate (socio-political, economic or ecological ideologies materialized as artifacts); question the environments that transform fictions into everyday attitudes.

The Deep Design Lab challenges the modern vision of design (and the world) that is characterized by a style―a surface―masking compound material realities, simplifying human/human, human/non-human or non-human/non-human intertwined relationships. DDL takes as starting point the bifurcation undertaken by the Europeans in the 15th century, when the once divine world has been transformed into a "laboratory" (Georges Bernanos)―an object of study and of control. Questioning the performativity of design and its capacity to create social and political values, the DDL projects search for artifacts that generate non-anthropocentric attitudes.

Inspired by anthropological methodologies, the Deep Design Lab produces knowledge through investigation and fieldwork, while developing its own design research methods and tools. It tries to materialize this enquiry through form and to share (ongoing) research. The Deep Design Lab is structured around three research axes:

Technical systems
We do not live without mediation with our (natural and artificial) environments. We make our world habitable through our tools, our images, our objects, etc. that function as complex systems modeling our bodies, our landscapes, our behaviors. How to "re-design" the (technical) media of our everyday life in order to model "non-anthropocene" attitudes that are based on interconnected realities?

Urban grounding
The history of Saint-Etienne is closely linked to the history of the human colonization of soils. The mines as artifacts of the Anthropocene speak of environmental transformations caused by human actions (the extraction of resources, the displacement and the pollution of the grounds, etc.). How can design contribute to make these altered landscapes habitable again? How to install a new "contract" of cohabitation between human and non-human beings?

Bifurcations
How can design―through fieldwork, the creation of experimentations and scenarios―propose a "meta-discourse" to guide political decision-making? How can design accompany and / or cause radical changes?

Text by Vincent GobberLe Deep Design Lab est une collaboration quinquennale (2019―2025) entre la Cité du design et l'École urbaine de Lyon

Sous la direction de Olivier Peyricot, directeur de la recherche Cité du design et Michel Lussault, directeur de l'École urbaine de Lyon.

Contact : Simone Fehlinger (designer-chercheure, responsable du Deep Design Lab)
simone.fehlinger@citedudesign.com

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