Une conférence organisée dans le cadre du cycle de rencontres As long as you don’t steal we share

Les brevets appartiennent à une forme de littérature dite opérationnelle
(Harun Farocki) : on leur attribue une certaine autorité à « faire
advenir ». Mais souvent, l’invention décrite n’a pas réellement vocation
à être mise en œuvre, et vise plutôt à préempter le futur et à
imposer un certain imaginaire. C’est à cet endroit aussi que les
brevets participent à l’extension de l’empire du capitalisme, renforçant
son système immunitaire et déplaçant les fenêtres d’Overton pour rendre
des futurs dystopiques « acceptables ».
En partant d’une série de
projets que
le collectif RYBN.ORG a entrepris autour des brevets depuis une
dizaine d’années [IPPI, ou Institut Précognitif de la Propriété
Industrielle (2015), IPPI.CC ou Cabinet de Curiosité de la propriété
industrielle (2018), DCVCEV ou Dispositif critique de veille et de
contrôle d’expansions vectorialistes en collaboration avec The Institute
of Diagram Studies (2023)], il s’agira de réfléchir à comment se
soustraire aux processus de récupération et d’appropriation, ou comment
les instrumentaliser pour les retourner contre le capitalisme même.
rybn.org/IPPI/
RYBN.ORG (1999) est un collectif d’artistes qui mène des
enquêtes extra-disciplinaires sur le fonctionnement de systèmes
complexes et opaques : les krachs du trading algorithmique, les circuits
financiers offshore, l’intelligence artificielle artificielle (AAI) et
le digital labor, la colonisation du vivant par la propriété
industrielle, et tous les angles morts des mythologies
techno-libertariennes. Il en ressort des œuvres documentaires (cabinets
de curiosités, archives labyrinthiques) et des dispositifs performatifs
activés dans les milieux techniques qui les ont inspirés.
rybn.org/